Quand les neurosciences servent la cause de l’orthographe.

L’orthographe, toujours considérée comme un marqueur socialpeut avoir de lourdes conséquences lorsqu’elle n’est pas maîtrisée. Aujourd’hui, elle devient le champ d’exploration des neurosciences qui viennent proposer une solution pour remédier au problème. Mais faut-il laisser la machine modeler notre cerveau ? 

L’orthographe, un sujet tabou

Selon les résultats du baromètre Voltaire 2018 (édité par le Projet Voltaire), Seulement 49,1 % des règles d’orthographe sont maîtrisées par les Français. 

D’un point de vue professionnel, les conséquences de lacunes en orthographe peuvent être importantes. Selon le degré d’exigence du recruteur, la moindre faute peut être synonyme d’éviction puisque 82 % des recruteurs sont sensibles à l’orthographe des candidats (source Projet Voltaire). 

Christelle Martin Lacroux, maître de conférences en sciences de gestion à l’université de Grenoble Alpes a étudié l’impact des fautes d’orthographe dans un dossier de candidature chez les recruteurs. Elle affirme que ces erreurs sont un véritable frein. Qu’elles soient de simples fautes de frappe ou non, elles sont perçues comme un manque de professionnalisme : « la faute de clavier est pénalisée, mais celle d’orthographe est associée à quelque chose de plus grave, explique-t-elle. Les recruteurs y voient même un manque de compétences, voire d’intelligence pour certains. » 

Dans tous les cas, des lacunes en orthographe se transforment vite en complexe qui peut entrainer un manque d’assurance lorsqu’il faut écrire en public, une perte de crédibilité auprès de ses interlocuteurs, ou encore des candidatures rejetées…

L’intelligence artificielle pour corriger ses lacunes 

Pour ne plus que l’orthographe soit un frein au développement des carrières, Woonoz lance en 2008 le Projet Voltaireune solution d’apprentissage de l’orthographe qui repose sur une technologie brevetée : l’Ancrage Mémoriel. Cette technologie permet de faire mémoriser durablement les règles d’orthographe à ses utilisateurs. Fruit de l’intelligence artificielle et des sciences cognitives, elle est capable d’établir votre profil de mémorisation et votre niveau initial de connaissance dès les premiers exercices. Vous êtes ainsi automatiquement dirigé vers un parcours entièrement personnalisé : l’algorithme ne se concentre que sur les notions qui ne sont pas maîtrisées. C’est ce qu’on appelle l’Adaptive Learning

C’est un test de départ qui détermine votre futur parcours et il est crucial de le compléter en une seule fois, sinon le moteur analyse votre temps de complétion et l’intègre dans l’évaluation de votre niveau. En un mot, si vous traînez ou si vous le complétez en plusieurs fois, vous vous retrouverez en niveau CP !

Une fois le parcours défini, vous débutez l’entrainement. L’outil suggère une succession de phrases dans lesquelles il faut identifier la faute, s’il y en a une. En cas d’échec répété à identifier un certain type de faute, par exemple “distinguable” qui fait exception à la règle, de nouvelles phrases seront reproposées. A l’instar de la machine dans les sous-doués passent le bac, le moteur ne vous lâchera pas tant que la notion ne sera pas acquise. Cela pourra passer parfois pour de l’entêtement ou du bourrage de crâne mais tout bon pédagogue sait que la mémorisation passe par la répétition ! 

Selon votre degré d’amour de l’orthographe ou de motivation, vous serez plus ou moins sensible à l’aspect addictif de la méthode. 

Une expérience peu consensuelle 

Disponible sur le web mais également en appli, on peut profiter d’un trajet dans le métro pour maîtriser la règle de l’impératif à la deuxième personne du singulier ou celle de l’accord des adjectifs de couleur. Amis gamers, vous allez sans doute mourir d’ennui devant la faible gamification de l’outil  : les seuls encouragements sont verbalisés dans l’intitulé des niveaux et aucune récompense n’est accordée, si ce n’est un graphique qui mesure votre progression. Pour les autres, on se prend vite au jeu des niveaux.

Pour qui ?

Le Projet Voltaire propose un large catalogue d’offres qui s’adressent à plusieurs types de clients : particuliers, entreprises, scolaires, enseignement supérieur… 

L’outil, inclusif, est accessible aux malvoyants, non-voyants, sourds et personnes atteintes de troubles DYS (dyslexiques, dyspraxiques). Un site collaboratif est disponible pour partager avec d’autres utilisateurs. 

Et après ? 

Une fois le programme achevé et validé, vous avez la possibilité de faire certifier votre parcours pour le mentionner fièrement sur votre CV : « certifié Voltaire ». Il est également possible de poursuivre l’entraînement à long terme, pour entretenir son niveau. 

Pour bien faire, il faudrait poursuivre l’expérience sur le long cours mais une fois certifiée, j’avoue avoir eu du mal à trouver la motivation pour poursuivre l’entrainement. 

Pour résumer 

Les + 

  • Un premier pas vers l’Adaptive Learning, avec un programme conçu sur-mesure selon le niveau de départ et le rythme de progression 
  • Un outil inclusif, accessible aux malvoyants, non-voyants, sourds et personnes atteintes de troubles DYS (dyslexiques, dyspraxiques) 
  • Des activités variées 

 

Les – 

  • Des conditions de passage du test initial, un peu strictes, qui imposent de le compléter en « one shot », sans pause possible 
  • Un univers graphique assez basique 
  • Peu de gamification, donc un parcours parfois monotone 

Auteur : Mathilde Sevelinge