
De la Radio Télévision Suisse à chef de projet IA : la reconversion de Sourour
Sourour avait un super job : éditrice photo et vidéo à la Radio Télévision Suisse.
En 2021, quand son mari a reçu une offre à Boston, elle a démissionné.
Pas pris une année sabbatique. Démissionné.
C’est ce détail qui mérite qu’on s’arrête une seconde.
Le retour
Rentrée de Boston avec un master, vingt ans de carrière et un CV solide, Sourour pensait que retrouver du travail serait simple. Ce fut l’inverse. Son âge, son patronyme, son profil jugé atypique. Elle s’inscrit à France Travail pour la première fois de sa vie. « C’est douloureux, le chômage », dit-elle dans le Nouvel Obs du 2 avril 2026.
C’est un e-mail de France Travail qui relance la machine.
Le Bahut, école lyonnaise, propose une formation de chef de projet IA.
Sourour candidate, passe les tests, et est retenue parmi plus de 150 dossiers.
Elle finira parmi les meilleurs de la promotion.
« Apprendre à 50 ans », ce que la reconversion professionnelle change concrètement
Le programme est intensif : cinq semaines de boot camp intensif, puis 11 mois en alternance dans une entreprise spécialisée en data. Zéro frais de formation, salaire au Smic. Et l’inconfort de redevenir novice après deux décennies d’expertise.
« Se remettre à apprendre n’a pas été évident, et en entreprise, je voulais prouver mes compétences. »
C’est la description précise d’une chose que les dispositifs de reconversion professionnelle sous-estiment souvent : la charge identitaire du débutant expérimenté.
Depuis l’automne 2025, Sourour est certifiée chef de projet IA.
Elle envisage d’ouvrir une antenne du Bahut en franchise à Genève.
Ni miracle, ni exception
Selon l‘étude Ifop pour Mon CEP, 80 % des salariés d’Auvergne-Rhône-Alpes envisagent une évolution professionnelle dans les deux ans (10 points de plus qu’en 2023). Mais la majorité veut progresser en interne. Ceux qui envisagent de tout changer restent une minorité.
Ce qui a fonctionné pour Sourour n’est pas réplicable comme une recette.
Un e-mail au bon moment, une sélection sévère (15 candidats retenus sur 150 dossiers), un format alternance qui force l’application immédiate, et vingt ans d’expérience professionnelle à réinvestir plutôt qu’à effacer.
La vraie question n’est pas « peut-on apprendre à 50 ans ? »… On sait que oui.
C’est : combien de Sourour n’ont pas reçu cet e-mail et cette chance de reconversion professionnelle ?
Article rédigé à partir du témoignage de Sourour publié dans Le Nouvel Observateur n°3211 (2 avril 2026), sous la plume de Sandrine Chesnel.
Vous envisagez une reconversion dans l’IA ?
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