Veille Qualiopi : les newsletters et les experts à suivre pour ne plus se faire surprendre par la réglementation

Quand avez-vous ouvert, pour de bon, la dernière newsletter réglementaire qui dort dans votre boîte mail ? La question est posée sans malice, mais en formation elle a un enjeu précis.

L’indicateur 23 de Qualiopi demande de réaliser une veille légale et réglementaire sur le champ de la formation professionnelle, et d’en exploiter les enseignements. Les indicateurs 24 et 25 en demandent autant pour l’évolution des métiers et pour les innovations pédagogiques et technologiques. Le 26 touche au handicap. On vous demandera donc des preuves, pas une impression générale de « je suis à jour ».

Selon un auditeur cité sur la page veille de FormaPro, ces veilles sont souvent survolées en audit, et ça conduit à des non-conformités qui auraient pu être évitées. Bon, on peut faire mieux. Voici une sélection de sources, avec ce que chacune apporte, puis la manière d’en garder la trace.

Les newsletters

Certifopac envoie une newsletter par mois. Certifopac est un organisme certificateur Qualiopi (il figure sur la liste des organismes certificateurs du ministère du Travail), ce qui donne l’angle d’un acteur qui audite. Une fois par mois, le rythme se tient sans vous noyer. Un point de transparence : Le Bahut est habilité à former sur le RS6891, que porte Certifopac. Vous êtes prévenus !

Digiformag est le magazine de Digiforma, un éditeur de logiciel de gestion pour organismes de formation. Sa newsletter est mensuelle. Le site range ses articles par thèmes : Qualiopi, BPF et NDA, certifications RS et RNCP, CPF, OPCO, apprentissage, handicap, IA. Et ça publie ! Début octobre, les articles les plus récents dataient du 2 octobre, du 29 septembre et du 22 septembre (un guide express sur la déclaration de sous-traitance CPF dans EDOF pour la campagne 2026). Comme le magazine est adossé à un éditeur de logiciel, vous croiserez des encarts pour ses produits. Ça ne change rien à la valeur des articles, mais mieux vaut le savoir.

FormaPro est une plateforme communautaire qui propose une veille gratuite. Vous créez un compte, vous suivez les sujets qui vous concernent (la plateforme en compte plus d’une centaine) et vous choisissez de recevoir un digest chaque jour ou chaque semaine. Elle fournit aussi un outil de prise de notes, présenté comme une trace utile pour les indicateurs 23 à 26. Pour un référent Qualiopi qui veut un point d’entrée unique, c’est pratique.

Sydologie, c’est le magazine de la maison (Sydo, comme Le Bahut) ! Sa newsletter mensuelle porte sur l’innovation pédagogique : on y parle de jeu en formation, de fact-checking, d’IA, avec un édito que j’écris et les derniers articles de Sydologie.com. Ne la suivez pas pour l’actualité réglementaire, elle n’a pas cette vocation. Elle sert plutôt l’indicateur 25, celui de la veille sur les innovations pédagogiques et technologiques.

Pour les alertes sur le CPF ou les titres RNCP, les sources du dessus feront mieux le travail.

Les personnes à suivre sur LinkedIn

Fouzi Fethi a longtemps dirigé le pôle droit et politiques de formation de Centre Inffo, et il est désormais chez Septeo Education. Ses décryptages publiés sur Linkedin portent par exemple sur ce que Qualiopi dit (ou ne dit pas) de la qualité pédagogique, et sur la question de « certifier » les auditeurs. Si vous aimez comprendre le cadre juridique avant de vous demander comment l’appliquer, c’est un bon profil à suivre.

Nathalie Le Ster Jenback est Directrice Qualité, Certification et Conformité chez ELS-Formations depuis septembre 2026, et dirige Kalester Consulting depuis fin 2020. Elle accompagne les certificateurs dans leurs démarches RNCP et RS, et défend l’AFEST (l’action de formation en situation de travail). Elle publie sur Linkedin à propos de l’actualité du secteur : nouveaux titres RNCP, arnaques commises par des organismes de formation, changements de règles du CPF. C’est le profil à suivre pour les alertes concrètes.

Johann Vidalenc écrit sur Linkedin et dans Digiformag, notamment sur le CPF. On y trouve des sujets très opérationnels, comme les sanctions en cas de non-présentation à l’examen final.

Mathieu Guyot écrit lui aussi sur Linkedin et dans Digiformag, sur l’apprentissage : le budget 2026, les dossiers à surveiller d’ici la fin de l’année. Si vous avez un CFA ou une activité en alternance, ses analyses valent le détour.

Un dernier réflexe : un post LinkedIn vous alerte, le texte officiel tranche. Quand une information vous concerne, allez la vérifier à la source (Légifrance, ministère du Travail, France Compétences) avant de modifier quoi que ce soit chez vous.

Une source qui s’est tue

Il y avait aussi Takk23, une newsletter hébergée sur Substack. Son dernier numéro date d’octobre 2025, et elle semble ne plus publier. C’est dommage !

Ça arrive à toutes les sources : un auteur change de métier, un média s’arrête, une newsletter perd son rythme. Une veille se révise donc, au moins avant chaque audit. Vous retirez ce qui est mort et vous ajoutez ce qui est apparu depuis.

Garder des preuves de votre veille

D’abord, écrivez dans un document la liste des sources que vous consultez : sites, groupes LinkedIn, newsletters, accès à une plateforme. Ensuite, gardez quelques articles ou mails que vous avez jugés importants, en les classant veille par veille (réglementaire, métiers, pédagogique). Enfin, notez ce que vous en avez fait. Pour la veille légale, ça peut être un mail envoyé à vos collaborateurs pour les informer d’une nouvelle directive. Pour la veille métiers, l’évolution d’un support de formation, la création d’une formation ou le retrait d’une formation devenue obsolète. Pour la veille pédagogique, l’achat d’un équipement ou la mise en place d’un extranet pour les formateurs.

C’est ce dernier geste qui compte aux yeux d’un auditeur : une newsletter lue sans trace ne prouve rien, alors qu’une newsletter lue qui a changé un support de cours est une excellente preuve.

Et votre liste de sources, elle date de quand ?

À propos de l'auteur : Sylvain Tillon

Sylvain Tillon est fondateur et directeur du Bahut, première école française de reconversion en IA générative et Digital Learning. Il dirige également Sydo, agence pédagogique créée en 2008, et intervient comme formateur IA auprès d'organisations publiques et privées. Auteur de plusieurs ouvrages sur l'entrepreneuriat et la pédagogie, il publie chaque mois une analyse des usages de l'IA dans la formation via sa newsletter Sydologie.