
Créer une école pour former à des métiers qui n’existaient pas hier
Il y a des projets qui naissent d’une vision…
Et il y a ceux qui naissent d’un mardi matin où on ne sait plus quoi faire de sa vie.
Le Bahut appartient à la deuxième catégorie.
En décembre 2019, Sylvain Tillon se fait sortir de Tilkee, la startup qu’il avait co-fondée cinq ans plus tôt.
Pas de réunion de crise, pas de conversation directe : un SMS envoyé à son associé, lui demandant de ne rien dire à propos d’une réunion secrète… qui scellera son sort.
5 jours plus tard, il annonce à ses équipes qu’il passe la main.
Au bout de trois mots, il pleure.
Il raconte tout ça avec un calme qui ne cache pas grand-chose, dans une interview donnée à B’innov TV.
La vidéo est en bas de cet article.
Pourquoi les entreprises continuent de recruter des gens qu’elles doivent reformer
En revenant chez Sydo, l’agence de conseil pédagogique qu’il avait fondée dix ans plus tôt, Sylvain entend une plainte récurrente chez les clients : ils cherchent des concepteurs pédagogiques opérationnels, capables de déployer une plateforme LMS, de créer des premiers contenus, d’accompagner une montée en compétence concrète.
Pas des gens qui ont « vu le sujet en cours », des gens qui savent faire.
Le marché de la formation existe. Les certifications aussi. Mais entre une formation qui explique la logique d’un outil et une formation qui met les mains dans le cambouis pendant douze mois, il y a un écart que la plupart des organismes ne franchissent pas.
Les entreprises le ressentent : elles embauchent, mais elles doivent continuer à former les recrues, et elles perdent beaucoup de temps.
C’est cette friction-là que Le Bahut essaie de supprimer.
Une alternance sans titre, conçue pour l’emploi
Le modèle du Bahut repose sur un pari pédagogique assez simple à énoncer : former uniquement à ce qui est demandé dans les offres d’emploi réelles, avec les outils réels, dans des conditions proches du terrain.
Pas de titre RNCP au bout, mais un job garanti (ou presque).
C’est gratuit pour les étudiants : Le Bahut facture les entreprises qui accueillent les alternants, et les OPCO prennent en charge entre 50 et 100 % du coût.
Le rythme est pensé différemment : cinq semaines initiales à l’école pour acquérir les bases, puis sept cycles de six semaines en entreprise suivies de 5 jours de formation intensive. Pendant les semaines en entreprise, l’étudiant n’a aucun devoir à rendre, aucune charge mentale liée à l’école. Pendant les jours de formation, l’entreprise est prévenue : il est « en vacances » pour elle.
Ce découpage réduit la split attention que produisent les rythmes classiques une journée par semaine, où l’étudiant n’est jamais vraiment ni à l’école ni au travail.
Huit promos en quatre ans.
Un tiers des étudiants viennent via France Travail, un tiers via l’écosystème Sydo et Sydologie, un tiers via LinkedIn, sans aucun budget publicitaire. Et de plus en plus, des employeurs qui envoient directement des candidats avec la demande : « forme-le, je veux le recruter ».
Ce que « donner envie d’apprendre » veut dire quand on le fait vraiment
Il serait tentant de réduire Le Bahut à un modèle économique bien calibré. Ce serait passer à côté de ce qui le tient debout.
Sylvain Tillon répète depuis Sydo la même phrase : sa passion, c’est « donner envie d’apprendre des sujets complexes à des gens qui n’en avaient pas forcément envie ». C’est une posture qui ressemble à une évidence mais qui engage une quantité de choix concrets. Les intervenants sont des professionnels en activité, pas des formateurs académiques.
Le programme évolue chaque promo pour coller aux évolutions des outils.
Les étudiants produisent de vrais livrables pendant leur formation, pas des exercices fictifs.
Cela dit, être honnête sur ce point implique aussi de reconnaître ses limites : ce modèle fonctionne parce qu’il est adossé à un réseau d’entreprises partenaires existant (celui de Sydo).
Le pari sur les métiers IA, entre enthousiasme et honnêteté
Depuis mai 2024, Le Bahut a lancé une deuxième formation : Chef de projet et intégrateur IA. L’idée est similaire. Former des profils capables de déployer concrètement des solutions IA dans les processus d’une entreprise : automatiser des tâches répétitives, installer un modèle open source depuis Hugging Face, finetune sur des données internes, faire dialoguer des outils entre eux. Des gens qui savent faire, pas seulement comprendre.
La deuxième promo est lancée. La troisième est prévue. Mais Sylvain est le premier à noter la difficulté : les entreprises ne savent souvent pas encore par quel bout prendre le sujet IA.
« Ce n’est pas un pain ressenti ».
Il est aussi lucide sur les usages : l’IA fait gagner en capacité plus qu’en temps, les enjeux environnementaux sont réels, et l’AGI lui fait « un peu peur ».
L’appel aux entreprises expertes : pourquoi pas vous ?
La conclusion de Sylvain dans l’interview n’est pas un récapitulatif de ce qui vient d’être dit.
C’est une interpellation directe aux entreprises qui ont des expertises métiers et qui regardent le marché de la formation avec perplexité.
« Il y a plein de métiers qui vont changer, qui vont se transformer dans les prochaines années, et il va falloir accompagner les gens. » Réparateurs de batteries, office managers, femmes dans le BTP, opérateurs IA…
L’offre de formation ne suit pas parce que les organismes ne sont pas assez proches des métiers réels.
Le modèle école d’entreprise n’est pas réservé aux grandes structures.
Il suppose d’avoir une expertise à transmettre, un réseau d’employeurs qui font confiance, et la conviction que former coûte moins cher que recruter mal et reformer.
Le Bahut est une école de formation en digital learning et IA, basée à Lyon, avec des antennes à Paris et à Nantes.
Découvrez les dates de nos prochaines promos : https://le-bahut.com/je-minscris/


