
Simulateur de TJM pour un concepteur pédagogique : le corrigé
Le simulateur s’ouvre avec tous les champs à zéro, et c’est un choix.
Je ne veux pas ni ne peux pas décider à votre place du niveau de vie que vous visez ni des dépenses que vous allez engager.
Néanmoins j’ai listé quelques dépenses qui me semblent indispensables pour un freelance.
Or quand je fais remplir notre simulateur de TJM en formation, souvent les dépenses sont sous évaluées…
C’est la raison pour laquelle, en correction, je présente une grille remplie avec des montants « normaux » (c’est à dire « non optimisés », pour avoir une vision la plus objective possible sur le sujet).
Voici donc mes chiffres.
Les dépenses mensuelles
| Poste | Montant | Type |
|---|---|---|
| Restos et bars | 112 € | pro |
| Hébergement web | 10 € | pro |
| Déplacements | 150€ | pro |
| Divers | 85€ | pro |
| Epargne de précaution | 250€ | perso |
| Co-working | 250€ | pro |
| Mutuelle (santé) | 60€ | perso |
| Assurance RC Pro | 20€ | pro |
| TOTAL | 937€ |
Les 112 € de restos se décomposent en une invitation client à 100 € et deux collations (2 x 6€) avec des confrères.
L’hébergement web et le nom de domaine, franchement, vous pouvez vous en passer.
Beaucoup de concepteurs travaillent très bien avec un profil LinkedIn et un portfolio posé sur une plateforme gratuite.
Pour être plus présent sur le web, travailler son SEO et/ou son GEO, c’est indispensable.
Comptez 10 € par mois d’hébergement.
Les 150 € de déplacements correspondent à un aller-retour en train vers Paris chaque mois, pour ceux qui n’y habitent pas.
Une bonne partie des donneurs d’ordre du digital learning y sont, et il est important de rencontrer ses prospects et clients de temps en temps (mais aussi de participer à des salons/conférences).
Les 85 € de divers se décomposent ainsi : 15 € de téléphone hors achat du terminal, 20 € d’internet et 50 € d’imprévus (achat d’un nouveau casque audio pour les classes virtuelles, frais bancaires/agios, coût d’entrée d’une conférence…).
L’épargne de précaution n’a rien d’obligatoire, mais je vous la recommande quand même. Vous n’aurez pas d’indemnités chômage si vos missions s’arrêtent, et personne ne vous paiera vos journées si vous tombez malade. À 250 € par mois, vous aurez 3 000 € de côté au bout d’un an. Ce n’est pas énorme, mais c’est déjà ça.
Le co-working à 250 €, lui, se discute.
Travailler chez soi ne coûte rien. Mais on risque de perdre en motivation et en réseau.
Ça dépend de chacun !
Ensuite, il ne faut pas oublier la mutuelle santé (si vous ne pouvez pas être rattaché à celle de votre conjoint·e), au moins 50 € par mois et la responsabilité civile professionnelle à 20 €. Celle-ci vous sera exigée par vos clients.
L’expert-comptable, je le mets à part : il dépend du statut. En micro-entreprise, un outil de comptabilité automatisée suffit. En EURL ou en SASU, il devient indispensable et 80 € par mois est un plancher. Le calcul ci-dessus raisonne en micro, donc sans lui.
Les dépenses annuelles
| Poste | Montant |
|---|---|
| Logiciels (Articulate, Adobe, Genially…) | 2790€ |
| Ordinateur + smartphone | 700€ |
| Communication | 200€ |
| CFE | 500€ |
| Nom de domaine | 30€ |
| TOTAL | 4220€ |
Le poste logiciels est celui qu’on a tendance à oublier, parce qu’on avait toutes ces licences gratuitement à l’école…
Voici une petites liste des indispensables en conception pédagogique :
– Genially : 120 € par an
– Articulate 360 : 1 250 € par an
– Adobe Photoshop et Illustrator : environ 1 000 € par an
– Google Workspace : 180 € par an
– Un abonnement à Claude ou ChatGPT : 240 € par an
Un ordinateur qui encaisse un outil auteur et une suite Adobe coûte dans les 1 500 € et un bon smartphone au moins 600€. Je lisse l’ensemble sur trois ans.
La CFE, ou cotisation foncière des entreprises, est due par toute entreprise, y compris une micro-entreprise sans local. Vous en êtes exonéré la première année civile d’activité. C’est pour ça que tant de freelances la découvrent en novembre de leur deuxième année, avec la tête de celui qui n’avait pas prévu ça.
Si on héberge son propre site web, il faut acheter un nom de domaine : 15 € par an et par domaine (30€ si vous prenez le .com et le .fr).
Ce que j’ai oublié
La prévoyance, autour de 50 € par mois.
Mon épargne de précaution couvre une mauvaise semaine, pas un arrêt de six mois.
Un contrat de prévoyance verse des indemnités journalières et une rente d’invalidité, là où le régime des indépendants est notoirement faible.
Voyez-vous d’autres éléments ?
Si oui, n’hésitez pas à me les signaler (sylvain_at_le-bahut.com) pour que je les ajoute à la liste.
Les jours travaillés : c’est là que se fait la véritable différence
Sur 365 jours, retirez 115 jours de week-ends et de jours fériés.
Il reste 250 jours ouvrés, dont il faut encore soustraire pas mal de choses.
Les congés d’abord, 30 jours.
Regardez le calendrier du secteur plutôt que vos envies : entre le 5 et le 25 août, les services formation sont fermés et les projets gelés, ce qui fait 10 jours.
Rebelote entre le 20 décembre et le 4 janvier.
Ces vingt jours vous sont imposés par le marché, donc si vous voulez partir dix jours à une date que vous choisissez, il en faudra 30 au total.
La formation et les salons, 5 jours.
Deux au Learning Tech à Paris fin janvier, où se croise tout l’écosystème.
Deux au Learning Show à Rennes, plus tourné vers les pratiques.
Un ou deux autres événements dans l’année selon vos sujets.
Les jours ratés, 9 jours. La crèche fermée, une gastro carabinée, une grève la veille d’un rendez-vous, un verre d’eau sur le clavier.
Mettre zéro ici risque fortement de vous faire bosser les weekends.
Il reste donc environ 206 jours à répartir entre prospection et journées vendues. Et là, votre expérience et votre réseau changent tout.
| Situation | Prospection | Jours vendus |
|---|---|---|
| Au démarrage (1j de prospection pour 2j vendus) | 69 jours | 137 jours |
| Rythme de croisière (1j de prospection pour 4 vendus) | 41 jours | 165 jours |
| Réseau installé, clients récurrents (1 pour 20) | 10 jours | 196 jours |
Rédiger une offre, la présenter, la négocier, relancer trois fois : rien de tout cela n’est facturé. Le ratio s’améliore avec le temps et peut devenir très favorable quand les clients reviennent d’eux-mêmes, sans jamais tomber à zéro.
Le TJM plancher
Partons sur une rémunération 2 500 € net par mois.
C’est à peu près ce que gagnent nos alumnis Digital Learning Managers salariés, dont le salaire médian est de 36 000 € brut annuel.
Avec les postes ci-dessus, en micro-entreprise, à 28,5 % de cotisations et de versement libératoire, il faut couvrir 45 464 € de besoin annuel, donc réaliser 63 586 € de chiffre d’affaires.
Sans gros réseau ni client récurrent, c’est donc un TJM d’environ 450€ qu’il faudra assurer pour se payer 2.500€ net par mois.
À 350 € par jour sur 137 journées vendues, une fois toutes les dépenses de cet article payées, il ne reste que 1 568 € net par mois.
Attention, à 500 € par jour sur 165 journées, vous atteignez 82 500 € de chiffre d’affaires et vous sortez du régime de la micro-entreprise, dont le seuil est de 77 700 € pour les prestations de services. Il faudra créer une EURL ou une SASU pour continuer à facturer (avec des impacts non négligeables sur la rémunération que vous découvrirez dans le simulateur).
A vous de remplir le simulateur avec vos propres chiffres 👇
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