
Pourquoi trouve-t-on parfois son alternance trois jours avant la rentrée ?
Début septembre.
Certains candidats ont trouvé leur contrat d’alternance depuis mai. D’autres annoncent leur arrivée dans leur nouvelle entreprise sur LinkedIn. Les formations commencent à parler de rentrée.
Et vous, vous cherchez toujours.
À ce moment-là, chaque journée sans réponse peut donner l’impression que les chances diminuent. On commence à regarder la date plus souvent que les offres.
Pourtant, au Bahut, nous voyons régulièrement des situations assez déroutantes : une recherche qui semblait bloquée pendant plusieurs semaines peut soudainement se débloquer très vite.
Une entreprise appelle. Un entretien est organisé. Un deuxième échange suit. Et un contrat peut parfois se signer quelques jours avant la rentrée.
Pourquoi si tard ?
Pas forcément parce que le candidat s’y est mal pris. Et pas nécessairement parce que l’entreprise est mal organisée.
Le marché de l’alternance est simplement moins linéaire qu’on pourrait l’imaginer.
Toutes les offres d’alternance n’existent pas encore en juin
Quand on cherche une alternance, on imagine facilement que le marché fonctionne comme un stock.
Il y aurait, quelque part, un certain nombre de postes disponibles. Les candidats commenceraient à postuler au printemps. Les places seraient progressivement prises. Et plus septembre approcherait, moins il en resterait.
Une partie du marché fonctionne effectivement comme cela.
Certaines entreprises anticipent leur recrutement plusieurs mois à l’avance. Elles connaissent leur budget, leurs besoins et le nombre d’alternants qu’elles souhaitent accueillir. Les offres peuvent donc sortir très tôt.
Mais toutes les entreprises n’en sont pas là.
Parfois, le besoin apparaît beaucoup plus tard.
Un manager voit passer le recrutement d’une autre entreprise sur LinkedIn et réalise qu’un alternant pourrait être utile dans son équipe.
Un projet qui était encore incertain en juin est finalement lancé.
Quelqu’un pose simplement la question en réunion : « Et si on prenait un alternant ? »
L’offre que vous trouvez le 4 septembre n’est donc pas nécessairement une offre publiée trop tard.
Elle n’existait peut-être tout simplement pas le 4 juin.
C’est une différence importante quand on cherche à trouver une alternance à la rentrée.
Et parfois, l’entreprise avait prévu de recruter… mais quelque chose a coincé
Il y a aussi les recrutements qui étaient parfaitement anticipés.
Sur le papier.
Un candidat avait été identifié. Les échanges étaient bien avancés. Tout semblait réglé.
Puis le candidat choisit finalement une autre entreprise. Le contrat n’aboutit pas. Une condition change. Bref, la place redevient disponible.
Et nous voilà fin août avec une entreprise qui pensait avoir terminé son recrutement et qui doit recommencer.
Ce genre de situation existe aussi côté candidat. Quelqu’un qui avait accepté une proposition reçoit finalement une autre offre correspondant davantage à son projet.
Le jeu de chaises musicales peut continuer assez tard.
Résultat : un poste que l’on croyait pourvu réapparaît.
Pour quelqu’un qui cherche encore, cela signifie une chose assez simple : une absence de résultat en juillet ne permet pas de savoir exactement quelles opportunités seront disponibles en septembre.
Ce n’est pas une raison pour attendre septembre avant de commencer ses recherches.
C’est une raison pour ne pas considérer automatiquement que tout est terminé.
Le recrutement s’est peut-être simplement arrêté pendant trois semaines
Il y a une autre explication, beaucoup moins spectaculaire.
Les vacances.
Une candidature peut être parfaitement intéressante et rester dans une boîte mail parce que la personne qui doit la valider est absente.
Le manager est là, mais pas les RH.
Les RH sont revenues, mais le directeur qui doit donner son accord est encore en congé.
Un entretien a eu lieu fin juillet et le suivant ne peut pas être organisé avant la dernière semaine d’août.
Une absence maladie peut également ralentir un processus déjà dépendant de plusieurs personnes.
Vu du candidat, il ne se passe rien.
Vu de l’entreprise, le recrutement n’est pas forcément abandonné. Il est juste bloqué quelque part dans le circuit.
France Travail constate plus largement ce phénomène à la rentrée : après le ralentissement estival, des décisions mises en attente se concrétisent, les recruteurs reviennent et certains budgets ou postes sont débloqués.
Voilà pourquoi une candidature envoyée plusieurs semaines auparavant peut parfois revenir à la surface beaucoup plus tard que prévu.
Certains critères deviennent aussi plus souples avec le temps
Imaginons maintenant une entreprise située à Lyon.
Au début de sa recherche, elle veut quelqu’un qui habite à proximité et puisse venir au bureau quatre jours par semaine.
Elle reçoit des candidatures, fait quelques entretiens, mais ne trouve pas le profil recherché.
Au bout de plusieurs semaines, la question se pose autrement.
Est-il vraiment indispensable que l’alternant soit présent quatre jours sur cinq ? Peut-on envisager deux jours de télétravail ? Regarder des candidats qui habitent plus loin ? Organiser différemment l’intégration et le suivi ?
Ce phénomène ne concerne pas uniquement le télétravail.
Une entreprise peut revoir le niveau d’expérience attendu, s’intéresser à un parcours de reconversion qu’elle aurait écarté quelques mois auparavant ou accepter un profil qui ne coche pas exactement toutes les cases de l’annonce.
Le besoin, lui, n’a pas disparu.
Alors certains critères qui semblaient indispensables en juin deviennent discutables en septembre.
Cela ne signifie pas que les entreprises abandonnent toutes leurs exigences à la rentrée.
Simplement que la réalité du recrutement peut conduire à distinguer ce qui est réellement indispensable de ce qui était surtout souhaité au départ.
Et cela peut rouvrir des portes.
En septembre, continuer ne veut pas dire faire exactement la même chose
Alors, que faire lorsqu’on cherche toujours une alternance au moment où la rentrée approche ?
Continuer à envoyer exactement le même CV aux mêmes types d’entreprises n’est pas forcément la meilleure réponse.
Septembre peut être le bon moment pour reprendre sa recherche avec un œil un peu neuf.
Certaines candidatures méritent d’être relancées. France Travail recommande d’ailleurs la relance pour les candidatures en alternance, en rappelant notamment son rythme de formation afin de faciliter la réponse du recruteur.
Il peut également être utile de retourner voir des entreprises contactées quelques mois auparavant.
Le contexte a pu changer.
Et puis il y a les entreprises qui ne publient aucune offre.
Une candidature spontanée peut sembler moins rassurante qu’une réponse à une annonce : on ne sait même pas si l’entreprise cherche quelqu’un.
Mais c’est précisément le principe.
Parfois, elle ne cherche pas encore.
Une candidature bien ciblée peut arriver au moment où une équipe commence justement à se dire qu’elle aurait besoin de renfort.
Dans le digital learning, cela peut être une entreprise qui doit faire évoluer son LMS, produire de nouvelles formations, digitaliser des contenus existants ou commencer à structurer un projet autour de l’IA.
Elle n’a pas nécessairement écrit « recrutement d’un alternant » dans son planning annuel.
Le besoin peut pourtant être là.
Élargir sa recherche, oui. Accepter n’importe quoi, non.
À mesure que la rentrée approche, une autre tentation apparaît : élargir tellement ses critères que l’objectif devient simplement de signer.
On peut la comprendre.
Mais trouver une entreprise ne constitue pas, à lui seul, le but d’une alternance.
Il faut encore que les missions correspondent suffisamment au métier préparé et permettent de développer les compétences attendues.
Pour une formation en alternance en digital learning, une entreprise peut avoir un vrai besoin autour de la conception de formation, de l’ingénierie pédagogique, d’un LMS, de la production de contenus ou des outils auteurs.
L’intitulé du poste n’est d’ailleurs pas toujours parfait.
En revanche, une mission sans rapport réel avec les compétences de la formation ne devient pas pertinente simplement parce que le calendrier avance.
Élargir la zone géographique ? Peut-être.
Regarder d’autres secteurs d’activité ? Certainement.
S’intéresser à une entreprise plus petite que prévu ? Pourquoi pas.
Discuter du télétravail ou d’une organisation différente ? Oui.
Abandonner complètement son projet professionnel pour obtenir un contrat à tout prix ? La question mérite au minimum d’être posée avant de signer.
Oui, on peut trouver très tard. Non, cela ne veut pas dire qu’on trouvera forcément.
C’est probablement la partie la moins agréable à écrire.
Nous avons vu au Bahut des candidats trouver leur entreprise très tard.
Parfois quelques jours avant la rentrée.
Nous savons donc que cela arrive.
Nous ne pouvons pas en déduire que cela arrivera à tout le monde.
Continuer à chercher en septembre n’est pas une garantie de signer. Une recherche d’alternance dépend du métier, du territoire, du niveau de formation, des entreprises sollicitées, du profil du candidat et tout simplement du marché à ce moment-là.
Dire « ne vous inquiétez pas, vous allez trouver » serait rassurant pendant quelques minutes.
Ce ne serait pas très utile.
Ce que l’on peut dire en revanche, c’est qu’une recherche encore ouverte en septembre n’est pas nécessairement une recherche déjà perdue.
Des processus redémarrent.
Des candidats se désistent.
Des critères évoluent.
Des entreprises découvrent un besoin qu’elles n’avaient pas identifié trois mois plus tôt.
Et de nouvelles offres apparaissent.
Trois jours avant la rentrée, il peut encore se passer beaucoup de choses
Chercher une alternance pendant plusieurs mois est fatigant.
À la fin de l’été, chaque refus pèse probablement un peu plus lourd que le premier. Et voir d’autres candidats annoncer leur contrat n’aide pas forcément à prendre du recul.
Pourtant, le marché qui existe en septembre n’est pas exactement celui que vous avez exploré en mai.
C’est peut-être le point le plus important à retenir.
Continuer sa recherche ne consiste donc pas seulement à envoyer davantage de candidatures.
Il peut être utile de relancer, de reprendre contact avec certaines entreprises, d’élargir intelligemment ses critères, de travailler les candidatures spontanées et de regarder les nouvelles opportunités sans supposer qu’elles auraient dû apparaître plusieurs mois auparavant.
Certaines entreprises recrutent tôt.
D’autres recrutent tard.
Et quelques-unes ne savent pas encore qu’elles vont recruter.
Vous cherchez une alternance pour vous former aux métiers du digital learning ? Découvrez notre formation Concepteur pédagogique e-learning et les modalités de l’alternance.


