
Faut-il choisir son alternance comme son futur emploi ?
Quand on cherche une alternance en digital learning, une préoccupation finit assez logiquement par prendre beaucoup de place : trouver une entreprise.
Une offre apparaît. Les missions correspondent à peu près à la formation. Le rythme est compatible. L’entreprise accepte les alternants. On candidate.
Et quand les semaines passent sans réponse, les critères évoluent parfois assez vite.
C’est compréhensible. Une alternance conditionne souvent l’entrée en formation et, à un moment, il faut signer un contrat.
Dans cette recherche, une question mérite quand même de rester quelque part dans un coin de la tête : qu’est-ce que cette alternance va raconter de mon profil professionnel dans un an ?
Douze mois en entreprise, c’est long. On participe à de vrais projets, on utilise des outils, on travaille avec une équipe, on gagne en autonomie. Toutes ces expériences vont ensuite se retrouver sur un CV et alimenter les futurs entretiens d’embauche.
Pour quelqu’un en reconversion, elles prennent encore davantage de poids. L’alternance devient souvent la première expérience significative dans le nouveau métier.
Alors, jusqu’où faut-il déjà penser à l’après quand on choisit son alternance ?
Le CDI n’est pas le seul horizon
On entend régulièrement qu’une alternance réussie débouche sur une embauche dans l’entreprise d’accueil.
Évidemment, quand l’entreprise dispose d’un poste et que les deux parties ont envie de continuer ensemble, c’est une suite assez naturelle.
Beaucoup d’autres scénarios existent.
Le projet pour lequel l’alternant a été recruté peut se terminer. L’équipe peut ne pas avoir de poste à ouvrir. Les besoins peuvent évoluer. L’alternant peut également avoir envie de découvrir un autre secteur ou un autre environnement.
L’année écoulée garde toute sa valeur.
Le cadre même de l’apprentissage prévoit une progression professionnelle. Le Code du travail indique que l’employeur assure la formation pratique de l’apprenti et lui confie des tâches en lien avec cette progression.
Au fil des mois, l’alternant accumule donc des expériences qu’il pourra présenter à de futurs recruteurs.
D’où une question assez utile au moment de regarder une offre :
« Où cette expérience pourra-t-elle m’emmener ensuite ? »
Deux alternances, deux profils qui commencent déjà à diverger
Prenons deux personnes qui suivent la même formation de concepteur pédagogique e-learning.
La première passe une grande partie de son année autour d’un LMS. Elle participe au choix de la solution, structure des parcours, accompagne les utilisateurs, administre la plateforme, analyse les usages et participe à son évolution.
La seconde travaille davantage en production. Elle scénarise des contenus, utilise Storyline ou Rise, crée des interactions, travaille sur des vidéos et expérimente différents formats.
Au bout d’un an, leurs CV commencent déjà à prendre des colorations différentes.
La première pourra valoriser une expérience importante des LMS, du déploiement et de la gestion de projet. La seconde aura probablement davantage de réalisations à montrer et une pratique plus poussée des outils de création.
Les deux expériences peuvent être très riches.
Elles donnent simplement des couleurs différentes au profil.
C’est pour cette raison que l’intitulé d’une offre mérite rarement d’être lu tout seul. Derrière « concepteur pédagogique digital learning », le quotidien peut énormément varier d’une entreprise à l’autre.
Les missions en disent souvent beaucoup plus : les projets confiés, les outils utilisés, la place accordée à la conception, la production attendue, les personnes avec lesquelles on travaillera…
Un an plus tard, c’est cette matière que l’on racontera en entretien.
« Je veux découvrir toutes les facettes du métier »
C’est une phrase qu’on entend régulièrement au début d’une formation.
Et elle se comprend facilement.
Quand on découvre le digital learning, difficile de savoir à l’avance si l’on prendra davantage de plaisir à analyser un besoin, gérer un projet, scénariser un parcours ou passer plusieurs heures dans un outil auteur à construire une interaction.
On arrive avec quelques intuitions. La pratique fait ensuite son travail.
Nous voyons par exemple des étudiants arriver au Bahut avec l’envie de toucher à la gestion de projet et à la création. Ils souhaitent garder un profil assez généraliste et découvrir le métier dans son ensemble.
Puis viennent les premiers projets. Ils découvrent Storyline, travaillent une direction graphique, montent une vidéo, construisent une interaction. Certains commencent à passer beaucoup de temps sur ces sujets.
Et surtout, ils aiment ça.
Quelques mois plus tard, leur projet professionnel s’est précisé. Ils se voient davantage sur des postes orientés création et production.
Ils ne pouvaient pas forcément le savoir avant d’avoir essayé.
C’est aussi une des forces de l’alternance : le projet professionnel peut se construire au contact du métier, et pas uniquement avant d’avoir commencé à l’exercer.
Au Bahut, on essaie d’élargir le terrain de jeu
L’entreprise donne forcément une certaine coloration à l’année.
Un alternant qui rejoint une équipe très orientée LMS va beaucoup pratiquer cet environnement. Dans une autre entreprise, il fera davantage de création. Ailleurs, la gestion de projet occupera une grande partie de son temps.
Pendant la formation au Bahut, nous essayons donc de multiplier les contextes et les projets.
Les écarts peuvent être assez grands.
Un projet peut porter sur la santé mentale. Quelques semaines plus tard, les étudiants se retrouvent plongés dans les fluides frigorigènes. Puis on change encore d’univers avec une problématique de management.
Ce grand écart est volontaire.
Dans son métier, un concepteur pédagogique doit régulièrement entrer dans un sujet qu’il connaît peu. Il faut comprendre suffisamment vite un nouvel univers, travailler avec des experts, identifier ce que l’apprenant doit savoir ou savoir faire et trouver une manière pertinente de le transmettre.
Les réponses pédagogiques changent également selon les sujets.
Une formation technique sur les fluides frigorigènes ne se conçoit pas exactement comme un contenu consacré à la santé mentale ou au management. Les publics diffèrent, les objectifs aussi. Le ton, les activités et les médias peuvent donc évoluer.
Ces projets donnent aux étudiants l’occasion de toucher à plusieurs dimensions du métier : analyse du besoin, scénarisation, gestion de projet, création graphique, vidéo, utilisation des outils auteurs, intégration…
Ils découvrent des pratiques auxquelles leur entreprise d’accueil ne les confronte pas forcément.
Et il arrive qu’une de ces expériences déclenche quelque chose.
Un étudiant qui se voyait surtout chef de projet découvre qu’il adore produire. Un autre comprend qu’il aime particulièrement la phase d’analyse. Un troisième prend goût à la partie technique.
Au bout de l’année, la palette est généralement plus large.
En reconversion, votre ancien métier est toujours présent dans votre CV
Changer de métier donne parfois l’impression de revenir à la case départ.
Dans les faits, les expériences précédentes continuent de compter.
Quelqu’un qui a travaillé dix ans dans les ressources humaines connaît déjà un secteur, ses problématiques, son vocabulaire et ses contraintes. Un graphiste apporte d’autres compétences. Un ancien formateur également. Même chose pour quelqu’un venant de l’industrie, de la communication ou du commerce.
L’alternance vient ajouter une nouvelle couche à ce parcours.
Imaginons une ancienne professionnelle des ressources humaines qui réalise son alternance dans un service de formation interne. Elle travaille pendant un an sur l’onboarding, la formation des managers et l’accompagnement des collaborateurs.
À la sortie, son profil combine une connaissance des RH et une première expérience solide de conception pédagogique.
Un graphiste qui passe son année à scénariser et produire des modules avec différents outils auteurs construira progressivement un profil plus créatif.
Quelqu’un venant d’un univers technique pourra, lui, se retrouver particulièrement à l’aise sur des projets où il faut travailler avec des experts métier et rendre accessibles des contenus complexes.
Une reconversion se construit souvent comme ça : on conserve une partie de son histoire professionnelle et on lui ajoute de nouvelles compétences.
Les missions choisies pendant l’alternance participent beaucoup à ce mélange.
Et quand on cherche depuis trois mois ?
Tout cela est évidemment plus facile à écrire quand on n’est pas soi-même en train d’attendre une réponse à sa quinzième candidature.
Une rentrée approche. Les offres sont parfois peu nombreuses. La localisation réduit encore les possibilités. Certaines candidatures restent sans réponse.
Dans une reconversion, les contraintes financières et personnelles peuvent aussi peser lourd.
L’alternance idéale n’arrive donc pas toujours au bon moment avec exactement les missions souhaitées.
On peut quand même essayer de comprendre ce qu’une offre va permettre de construire.
Quelles compétences vais-je réellement pratiquer ?
Qui va m’accompagner ?
Les missions pourront-elles évoluer au fil de l’année ?
Est-ce que je toucherai à plusieurs étapes d’un projet ?
Vais-je produire des réalisations que je pourrai montrer ou raconter ensuite ?
Quels outils vais-je apprendre à utiliser ?
Une dernière question permet souvent de rendre tout cela très concret :
dans un an, qu’est-ce que je pourrai écrire sur mon CV que je ne peux pas écrire aujourd’hui ?
Une offre imparfaite peut avoir une très bonne réponse à cette question.
Une fiche de poste ne prédit jamais complètement l’année
Entre l’offre publiée en mai et le quotidien de l’alternant six mois plus tard, beaucoup de choses peuvent avoir changé.
Les projets évoluent. Une priorité apparaît. Un outil est déployé. Une mission initialement importante passe au second plan.
L’alternant évolue lui aussi.
Au début, il a besoin de davantage d’accompagnement. Quelques mois plus tard, il peut prendre en charge un projet, défendre ses choix et proposer ses propres solutions.
Il peut également aller chercher certaines expériences.
Demander à participer à un projet. Proposer de tester un nouvel outil. Solliciter un retour sur une production. Expliquer à son tuteur qu’il aimerait travailler davantage la vidéo, le LMS ou la gestion de projet.
Une alternance laisse généralement plus de place à cette évolution qu’une fiche de poste pourrait le laisser penser.
La formation en alternance en digital learning apporte de son côté d’autres projets, d’autres contraintes et d’autres occasions de tester ses compétences.
Petit à petit, une question trouve sa réponse : qu’est-ce que j’ai vraiment envie de faire dans ce métier ?
L’alternance commence déjà à écrire la suite
Au moment de chercher une entreprise, la perspective du contrat prend beaucoup de place. Quelques mois plus tard, le regard change.
Les missions réalisées deviennent des expériences à raconter.
Les outils utilisés deviennent des compétences.
Les projets terminés peuvent entrer dans un portfolio.
Et certaines découvertes commencent à orienter la suite.
Pour quelqu’un en reconversion, cette année sera probablement l’une des expériences les plus récentes du CV et la première directement liée au nouveau métier. Elle aura donc forcément du poids lors de la recherche d’emploi suivante.
Elle ne détermine pas toute une carrière pour autant.
La formation permet d’explorer d’autres facettes. L’expérience professionnelle précédente apporte déjà une couleur particulière. Les projets futurs continueront à faire évoluer le profil.
Et le projet imaginé au moment de l’inscription peut avoir changé entre-temps.
On entre en formation avec l’idée de devenir concepteur pédagogique généraliste. On découvre la création. On adore ça. Un an plus tard, on cherche un poste beaucoup plus orienté production.
Très bien.
L’alternance aura alors permis quelque chose de précieux : apprendre un nouveau métier tout en découvrant la manière dont on a envie de l’exercer.
Vous envisagez une reconversion dans le digital learning ? Découvrez la formation Concepteur pédagogique e-learning du Bahut et les projets proposés pour explorer les différentes facettes du métier.


